Message transféré de l’ARS Hauts-de-France :

A l’attention des professionnels de santé

Madame, Monsieur,

L’épidémie de COVID-19 est entrée dans une nouvelle phase. Le passage en stade 2 annoncé le samedi 29 février 2020 correspond à l’identification de plusieurs chaines de transmission sur le territoire national même si la situation est très évolutive et hétérogène. Cette situation conduit à une adaptation de la stratégie de lutte contre l’épidémie :

1) Suivi des cas et des contacts

Afin de concentrer les efforts sur l’identification des chaines de transmission, les modifications suivantes des recommandations sont d’application immédiate :

–        L’ARS et Santé publique France continuent à classer les contacts de cas confirmés ; la surveillance active de l’état de santé des sujets contacts identifiés à risque modéré/élevé ne fait plus l’objet d’un suivi quotidien de la part de l’ARS. Les recommandations de quatorzaine stricte à domicile avec auto-surveillance de la température et port du masque chirurgical en cas de contacts inévitables s’appliquent. Ces recommandations s’accompagnent de la remise aux personnes concernées du numéro dédié de l’ARS, pour information en cas de difficulté ou, en cas d’apparition de symptômes, pour liaison avec le SAMU-Centre 15 ;

–       Conformément à l’avis rendu par le HCSP, la balance bénéfices / risques pour la santé publique étant défavorable (risque majeur pour la continuité d’activité des services), les professionnels de santé classés comme sujets contacts asymptomatiques à risque faible, modéré ou élevé d’un cas confirmé de COVID-19 peuvent poursuivre leur activité. Dans ce cas, ils doivent porter un masque chirurgical en permanence et le changer régulièrement et s’auto-surveiller (prise de température deux fois par jour et identification de tout symptôme). En cas de symptômes, même de faible intensité, la pratique professionnelle doit être interrompue immédiatement et un prélèvement à visée diagnostique doit être réalisé rapidement et prioritairement.

2) Priorisation du diagnostic biologique

Tous les cas possibles de COVID-19 doivent continuer à faire l’objet d’un test diagnostic par RT-PCR dans un laboratoire disposant de la technique. En cas de dépassement des capacités de diagnostic biologique, les prélèvements suivants seront techniqués en priorité :

–        Patients présentant une pneumopathie infectieuse sévère (avec ou sans SDRA) sans diagnostic étiologique évident d’emblée ou indication avérée d’hospitalisation ;

–        Professionnels de santé classés comme contacts à risque modéré/élevé d’un cas confirmé de COVID-19.

–        Investigation épidémiologique urgente (nouvelle région, nouveau cluster, site à risque, situation particulière)

3) Consignes relatives aux personnes revenant de zones de circulation du virus

Le passage du stade 1 au stade 2 justifie :

–       L’abandon de la règle du maintien en « quatorzaine » à domicile pour les personnes revenant des zones de circulation virale à l’étranger. Les personnes revenant de ces zones sont invitées à limiter leur vie sociale, et à s’auto-surveiller (prise de température et apparition éventuelle de symptômes deux fois par jour). Il n’y a plus lieu de leur proposer le port du masque chirurgical lors des contacts inévitables. Cette nouvelle mesure entraîne la levée des mesures de quatorzaine qui étaient en cours. L’adaptation de leur poste de travail, dont le recours au télétravail, continue d’être privilégiée. Les enfants peuvent être scolarisés.

Pour les professionnels de santé en particulier, porter un masque chirurgical en permanence et le changer régulièrement et s’auto-surveiller (prise de température deux fois par jour et identification de tout symptôme). En cas de symptômes, même de faible intensité, l’éviction professionnelle doit être immédiate et un prélèvement à visée diagnostique doit être réalisé rapidement et prioritairement.

–        Une consigne d’éviter les voyages dans les zones où circule le virus hors de l’Union européenne ou dans les zones à risques en Europe (identifiées sur le site du MEAE), sauf nécessité avérée.

4) Mesures de protection

Organisation des consultations : il est recommandé de prévoir l’apposition d’affichettes à l’entrée des cabinets invitant les patients symptomatiques à venir exclusivement sur rendez-vous.

Par ailleurs, l’ensemble des acteurs est invité à respecter strictement les précautions standard relatives aux mesures d’hygiène de base à appliquer par tous les praticiens et leurs assistantes et pour tous les patients.

Le port des masques chirurgicaux (anti-projection) est réservé notamment aux personnels de santé recevant des personnes malades et aux transporteurs sanitaires en cas de suspicion de contact avec une personne malade.

Le reste de la population ne doit pas porter de masque. Les officines ont été invitées à ne pas distribuer de masques en dehors des cas mentionnés précédemment ou d’une indication médicale.

Un dispositif national de distribution des équipements est en cours de déclinaison. Pour les médecins généralistes, médecins spécialistes, infirmiers diplômés d’Etat, sages-femmes, masseurs kinésithérapeutes et chirurgiens-dentistes, la mise à disposition sera réalisée via les pharmacies d’officine – cf. communiqué de la Direction générale de la Santé (DGS) en pièce jointe.

Spécifiquement, pour les médecins généralistes de l’Oise, des masques ont été mis à disposition à partir du 02/03 à 9h00 (à retirer dans les EPCI).

Les professionnels de santé de l’offre de soins ambulatoire sont les interlocuteurs de proximité des patients. A ce titre, il est demandé d’informer au maximum leurs patients, notamment en consultant les préconisations figurant sur le site SANTE PUBLIQUE France (https://www. santepubliquefrance.fr).

Nous vous remercions de veiller à la mise en œuvre de ces recommandations.

Cordialement,

La Cellule Régionale d’Appui et de Pilotage Sanitaire de l’ARS Hauts-de-France

Vous trouverez, ci-joint, une synthèse de la situation régionale en date du 2 mars 2020 : Point information COVID-19 (cliquez ici)

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Chaque pharmacien d’officine du territoire national va recevoir durant cette première semaine de
Mars 2020 via son grossiste répartiteur un minimum de 10 boîtes de 50 masques anti-projection,
soit 500 masques issus du stock national.
Le titulaire de l’officine les distinguera de son stock habituel et apposera sur la boîte une étiquette
stipulant « stock Etat ».
Chaque professionnel de santé recevant ce message, c’est à dire médecin généraliste, médecin
spécialiste, infirmier diplômé d’Etat, sage-femme, masseur kinésithérapeute et chirurgien-dentiste
est invité à se présenter à son officine de proximité afin de retirer une boite de 50 masques
chirurgicaux du stock Etat.
Il devra pour cela présenter sa carte professionnelle sur laquelle figure son numéro RPPS.
La déontologie et le civisme de chaque professionnel de santé doivent permettre à chaque
professionnel de bénéficier de sa dotation.
Dans une situation dans laquelle un personnel de santé est en contact avec une personne
présentant des signes d’infection respiratoire et en l’absence d’autres équipements de protection
individuelle, il pourra adopter le principe du double masque (soignant/soigné). En effet, en
l’absence d’acte invasif, ce principe permet de limiter l’exposition des soignants aux gouttelettes
potentiellement infectieuses du patient. L’utilisation de ces masques est décrite dans le document
nommé « Consignes d’utilisation des masques issus du stock Etat par les Professionnels de Santé »
: https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/empoi_des_masques.pdf

Selon les besoins, de nouveaux approvisionnements issus du stock Etat seront assurés afin de
permettre aux professionnels de santé de disposer de ces équipements en quantités suffisantes.